Dans un paysage musical français qui s’était cantonné aux influences britanniques, HEIMATLØS ouvre les horizons en octobre 1983, bien décidé à pousser la brutalité plus loin et à fouiller un champ d’influences encore inexploité dans l’hexagone. Quatre banlieusards de la région parisienne forment ce groupe, unique, précurseur et original. Très vite, les influences du groupe deviennent internationales, des États∼Unis et de toute l’Europe, s’inscrivant dans la vaste et florissante scène HardCore. HeimatLos ne sacrifie pas la subtilité à la rapidité du tempo, crée et peaufine un style très personnel et distinctif : des mélodies aux accents slaves et aux allures dramatiques et émouvantes derrière un jeu et un son de basse absolument agressifs et profonds…
• L’apport du groupe est décisif et en constante évolution ; Sa démarche internationaliste se manifeste par bien des aspects → D’abord, le nom : Heimat-los, pour “apatride”, “sans nationalité” en allemand. Aussi, les paroles écrites dans une flopée de langues différentes. Ensuite, les oreilles dressées vers l’effervescence américaine, allemande, scandinave, italienne, européenne de l’est, brésilienne… Du coup, le groupe découvre un gigantesque réseau d’échange et d’entraide mondial avec des groupes, fanzines, labels, distributeurs, organisateurs de concerts, lieux autogérés… Une foisonnante scène dîtes “HardCore”.
• Le tout tranche avec le mouvement punk français résolument centrée à l’intérieur des frontières nationales. La reconnaissance viendra d’ailleurs bien plus de l’étranger, en particulier d’Allemagne et de Belgique, où ils furent invités plusieurs fois à jouer et où leurs enregistrements seront mieux accueillis qu’en France. Paradoxalement, c’est au moment où une véritable scène HardCore commence à émerger en France, que le groupe, qui s’orientait vers un style encore plus riche et complexe tout en étant devenu capable d’offrir des prestations scéniques foudroyantes, s’est séparé en septembre 1988. HEIMATLOS, non content d’avoir été précurseur, compte définitivement parmi les groupes français les plus importants, reconnu bien au∼delà des frontières…
• Donc en septembre ’88, Heimatlos se sépare définitivement, suite au départ soudain de Jean∼Claude (dit Blitz). Rapidement, François (dit Speedyperit), Norbert (dit K.Z.) et Serge (dit Sergio Loco) décident de poursuivre l’aventure avec Tears Of A Doll { il avait en effet été décidé depuis le début que si l’un des membres quittait le groupe, Heimatlos n’existerait plus }. Ils recrutent François Truillet à la basse (qui jouera aussi plus tard avec Copywrong) et Denis Nydeu (ex. Kromozom 4) comme second guitariste. Au départ, le groupe reprendra des morceaux écrits ou ébauchés du temps d’Heimatlos. Mais presto, Tear Of A Doll deviendra le combo post∼hardcore hexagonal le plus intrigant et intransigeant musicalement…